Archives mensuelles : août 2004

Kandy : Ville culturelle du Sri Lanka

Danceurs traditionnels à Kandy. Nous avons poursuivi notre chemin en bus jusqu’a Kandy. Nous commençons à être des habitués des transports locaux. Cela signifie souvent voyager debout, compacté avec la somme supérieur de monde voulant voyager par rapport à la capacité du bus, demander deux fois au chauffeur si la destination requise est bien desservie. Mais avant cela, pour trouver le bon bus, il faut demander à une dizaine de personnes différentes pour être sûr de monter dans le bon. C’est également une occasion de pouvoir baragouiner avec la population locale. Bref, une expérience dont il fait bon se souvenir … après !

Arrivés à Kandy, nous avons trouvé un logement agréable (à noter que nous avons toujours trouvé des hébergements corrects durant notre séjour au Sri-Lanka). Lors des jours qui suivirent, nous avons fait l’expérience des rabatteurs dans toute sa splendeur. En effet, à notre plus grand désespoir, tous les gens qui nous ont abordés dans la rue étaient des rabatteurs (nous avons donc l’air tant que ça des toutistes ?). Nous avons rencontré un faux artisant de bijoux, un faux facteur prêt à nous aider pour tout et rien et le rabatteur le plus incroyable de tous, un faux professeur de danse traditionnelle dont nous vous contons l’histoire: Nous marchions le long du lac de Kandy lorsque devant nous s’est trouvé comme sortant de nulle part un homme d’un certain âge en train de prier les mains jointes en direction du célèbre temple bouddhiste de la Dent. Nous l’avons contourné par l’arrière afin de ne pas le déranger. Un fois passés, il s’est retourné dans notre direction et dit simplement «Thank you!». Touchés par son charme et son approche amicale, nous avons entammé la conversation ou plutôt lui l’a entamée sans que nous nous en rendions compte. Il était professeur de danse et marchait sur les braises en feu depuis plus de vingt ans. Il nous a montré ses pieds et ses bras sans poil, brulés par le feu. Vous aurez bien compris que tout cela ainsi que tout ce qui suit n’est que la pure invention de son imagination débordante. Il nous a pris aux sentiments en nous racontontant strictement que des choses de sa vie privée avec passion. Il nous a confié qu’il avait une fille de cinq ans qui dansait lors des représentations de danses du théâtre de Kandy et qu’il avait voyagé dans toute l’Europe pour faire des représentations (il connaissait des noms de villes de chaque pays européen). Il devait prochainement partir pour Los Angeles. C’est alors qu’il nous a demandé de quel pays nous venions et où nous logions à Kandy. Bien sûr il avait donné des cours de danse à la fille de la famille où nous dormions (les rabatteurs connaissent tout sur les hôtels, restaurants, activités touristiques pour mettre en confiance le futur pigeon). Sans nous demander si nous étions interessés ou non, il nous a dit que le soir même, un spectacle spécial allait avoir lieu. Il nous montra de l’autre côté du lac de nombreux bus stationnés et nous dit que c’était des gens qui s’étaient déplacés pour l’occasion. Il nous dit qu’il y aurait vingt-cinq bébés éléphants pour le show (je ne sais même pas s’il y a vingt-cinq bébés éléphants sur toute l’île!). Convaincus, nous nous sommes dit que nous irions voir ce spectacle. De toute façon, nous avions prévu d’y aller. Mais avant cela, nous voulions nous rendre dans une clinique ayurvédique. Là, il nous a dit qu’il connaissait la meilleure, celle officielle du gouvernement, bien meilleure que les cliniques privées hors de prix. Comme il avait réussi à nous mettre en confiance, nous avons décidé de le suivre. D’abord, il nous a emmené acheter les billets pour le spectacle dans un monastère bouddhiste, soit-disant le seul endroit où à cette heure nous pouvions acheter les billets. Arrivés au monastère, il nous montra un voiture type 4×4 aux vitres tintées et nous expliqua qu’une personnalité importante bouddhiste était là aujourd’hui pour le spectacle. Puis il nous a conduit dans la boutique où se vendaient les billets. Il nous présenta la vendeuse comme sa sœur. Elle vendait également des batiks fait soit-disant par les enfants de l’orphelinat. Ah oui, car il nous a présenté le monastère comme un orphelinat d’enfants. Ne voyant aucun enfant, j’ai demandé où ils étaient et il m’a répondu aussitôt qu’actuellement ils étaient dans les montagnes. On a acheté deux billets pour le spectacle du soir. Nous connaissions le prix du billet et en plus il était inscrit dessus. J’ai demandé si les places étaient numérotées. Il m’a répondu que nous n’avions qu’à demander au manager dont il m’a donné le nom (il était vrai le nom) et à qui il allait faire la commission de nous donner de bonnes places. Puis sa sœur a essayé de nous vendre ses batiks en vain. Ensuite nous nous sommes rendus à ses frais en moto-taxi ou tuk-tuk (dont il nous a présenté le chauffeur comme son vieil ami et à qui il n’a rien versé) à la clinique ayurvédique. Là, nous avons demandé à voir un médecin car nous lui avions bien expliqué que ce que nous cherchions n’était pas en premier lieu des traitements (massages) mais seulement une consultation. Après discussion avec les employés de la clinique, ils nous ont amenés devant une dame charmante soit-disant médecin. Une personne en plus du rabatteur était avec nous pour traduire car la dame n’avait pas l’air de comprendre l’anglais. Après quelques échanges de paroles sur ce que nous attendions en fonction de nos connaissances du sujet, la femme ne disait rien et parraissait extrêmement embarassée. Elle avait l’air de s’y connaître en médecine ayurvédique autant que nous en techniques de rabattage. Après quelques instants, Monica m’a dit qu’elle ne sentait pas du tout le truc et qu’elle n’était pas médecin. Alors je l’ai dit au traducteur. Elle n’a même pas essayé de prouver le contraire. Et là, la femme a émis comme un soupir de soulagement l’air de dire «ouf, c’est fini». Nous nous sommes levés et nous sommes partis malgré leurs tentatives de nous vendre des massages. Moralité : le rabatteur a perdu pas mal de son temps avec nous et aura finalement réussi a rien nous vendre à part les deux tickets de théâtre. Le soir, nous nous sommes rendus au théâtre où nous avons dû nous rendre a l’évidence que le spectacle que nous allions voir était le même que celui donné tous les jours pour les touristes que nous sommes.

Le spectacle en soi est assez harmonieux. Il est divisé en plusieurs dances, chacune ayant une signification bien spécifique.

Nous avons quand même rencontré de personnes intéressantes à Kandy, mais c’est nous qui sommes allés à leur rencontre.

Arugam Bay : nice people, good food, special service

Voici le slogan de la guest house «Hillton» où nous avons logé (écrit avec deux “l” depuis que l’endroit est devenu touristique; ceci pour ne pas avoir de problèmes avec la célèbre chaîne d’hôtels homonyme).

L’endroit est encore assez préservé des meutes de touristes mais son essor est sur la pente ascendante. Là, nous avons passé une semaine paradisiaque au rythme des vagues, des animaux sauvages (singes, crocodiles, mille-pattes, geckos, lézards, corbeaux…) et d’une nourriture appétissante. Nous nous sommes un peu laisser-aller – il faut noter, chers lecteurs, que nous n’avions pas pris de réelles vacances depuis longtemps. Comment refuser le plaisir que procure, à nos palais d’occidentaux, des fruits succulents comme la papaye, l’ananas, la mangue ou encore les bananes. Nous avons dégusté les plats locaux (rice & curry, coconut sambol, papadam, veg. noodles…) avec délectation.

Arugam Bay est encore un village de pêcheurs. Leurs cahutes rudimentaires occupent d’ailleurs toujours le devant de la plage avec leurs embarcations. Nous précisons «encore» car il semblerait qu’avec le développement touristique de ces deux dernières années suite au cessez-le-feu, les autorités projettent de les déplacer ailleurs. Le $ est toujours plus fort que la raison. Les pêcheurs partent à trois heures du matin pour revenir aux alentours de huit heures avec leur prise journalière. Lorsque la saison de la pêche se termine, ils vont travailler dans les cultures de riz et assurent leur repas quotidien ainsi que celui de leur famille au jour le jour.

Le Siam View Hotel, une guest house proche de la nôtre, a organisé deux soirées Full Moon Party. J’avais un peu l’impression de vivre ce que certains ont vécu dans les années 70. Des soirées un peu à l’arrache avec son lot d’illuminés et sa candeur libertaire.

Sri-Lanka : Friendly destination

Nous voilà arrivés à Colombo au Sri-Lanka. Déjà à l’aéroport, nous avons pu expérimenter les avertissements émis par le Lonely Planet (guide de voyage) à propos des fameux «touts» ou rabatteurs. Cependant, ils sont, à l’image de la population du pays, très aimables et sympathiques surtout lorsqu’après les avoir écoutés pendant 15 minutes et pris quelques informations qui nous parraissaient intéressantes sur les sites touristiques à voir absolument, nous sommes partis en leur disant que nous allions réfléchir.

La première impression que laisse Colombo est d’une ville dépourvue d’intérêt. C’est la raison pour laquelle nous ne nous y sommes pas attardés. Voulant toujours voyager « local », nous nous sommes rendus à la gare pour nous renseigner sur les destinations accessibles en train. Là, nous nous sommes décidés à nous rendre de l’autre côté de l’île, donc à l’est. Le trajet a duré 2 jours car le train ne va que jusqu’à la ville de Badulla et met 8 heures jusque-là. Puis il a fallu prendre des bus jusqu’à la destination finale choisie, Arugam Bay, village côtier de villégiature.

Le voyage en train fut assez légendaire. Nous avons décidé de prendre des tickets 2ème classe pour ce premier voyage en train (il y a encore une troisième classe). Nous pensions qu’il n’y aurait pas trop de monde en 2ème, tranquille. Erreur ! C’était le 1er jour des vacances scolaires. A l’arrivée du train, les gens se sont rués sur les wagons tels qu’à l’ouverture des portes d’un concert de U2. Enfin nous nous sommes retrouvés comme des bleus sur le marche pied du dernier wagon à nous demander ce qu’il était en train de nous arriver. 8 heures de train ! Monica s’est assise sur le sac à dos et moi sur le marche pied. Je dois avouer que cela ne m’a pas trop dérangé, j’ai toujours aimé voyager à l’air libre. De l’extérieur je pouvais voir tous les gens comme moi, agglutinés et pendus aux portes et fenêtres. Après 5 heures, la locomotive a deraillé. Je vous rassure, nous circulions à ~15 km/h. Donc, nous n’avons rien senti. En effet, dans la région montagneuse du centre, le train circule entre 10 et 20 km/h maximum.

Nous nous sommes donc retrouvés perdus au milieu de plantations de thé à devoir grimper pour rejoindre la route. De là, nous avons pris différents bus jusqu’à la tombée de la nuit. Nous sommes finalement arrivés à Nuwara Eliya, à quelque 1900 mètres d’altitude. Bonne première immersion dans le monde des transports locaux. Train menant de Colombo à Badulla en passant par les montagnes du centre. On peut voir les gens agrippés aux portes.

Ouf, on part aujourd’hui!

Le vol était sur réservé, alors on a voyagé en «business class» (Yeah mon gars). On a mangé pendant deux heures, de l’amuse bouche au digestif (ceux qui connaissent Sylvain se douteront qu’il a bu un bon Cognac à votre santé). Là, on est à Vienne, on arrivera demain matin à Colombo – Sri Lanka. On place beaucoup d’espoirs dans cette destination…En effet, après les affres du Caire, j’ai grand besoin de repos! No Comment!

Sunset dans le désert

Balade en chameau dans le désert au moment du coucher de soleil. Moment magique avec d’un côté la boule de feu, de l’autre le Caire et les pyramides de Gizeh au milieu. Le tout agrémenté d’un vent chaud venant du nord. On a fait le plein d’énergie! Bisous later » (dit par le guide il semblerait que l’homme ne peut pas exprimer son amour en public. La femme doit également monter derrière l’homme sur le chameau! »

Welcome to Egypt – “Egyptian hospitality”

Nous voila arrivés à notre première destination: Le Caire. La rencontre avec l’autre fut plus proche de la douche froide que du nirvana des relations humaines. Malheureusement la question que l’on se pose est:est-ce ce type de culture, qui méprise la femme, qui est ainsi ou simplement la manière d’être de la population d’une mégapole? On vous laisse songer à la question.

Nous garderons seulement comme souvenir immuable, la beauté de l’arrivée dans le désert (encore les Eléments), sable doré et soleil de plomb où nous sommes entrés chevauchant un cheval, avec à l’horizon les pyramides de Gizeh dont leur pointe dépassaient au-dessus des dunes. Pour ensuite devenir de plus en plus grandes jusqu’à devenir réalité. Oui, réalité, car j’ai même osé braver la sécurité pour grimper au sommet. La grandeur de la civilisation pharaonique découverte sur les sites de Gizeh, Saqqarah et Memphis ainsi que le musée égyptien avec ses momies (dont on a gêné leur sommeil éternel) et le buste de Tutankamon entre autres nous feront certainement vite oublier la barbarie avec laquelle ses habitants actuels traitent l’autre.

«Egyptian hospitality!»:les quelques personnes qui nous ont offert un thé, étaient des rabatteurs ou encore des faiseurs d’argent facile avec les touristes qu’ils n’hésitent pas à arnaquer. Je crois qu’ils sont tombés sur les seuls «touristes» qui sont repartis sans souvenirs (puisque là n’est pas notre centre d’intérêts). Ce qui nous a le plus embêté, c’est que lorsqu’on leur a expliqué notre démarche et qu’on a essayé de parler avec eux, ils coupaient court et nous mettaient dehors 🙂 YES l’Egypte!

Sawawi, un vendeur de papyrus et organisateur de tours touristiques, a sauvé l’honneur en nous arnaquant un peu moins. Il nous a gracieusement prêté le guide LP sur l’Egypte pour la durée de notre séjour et nous a offert des papyrus de manière spontanée. Ceci sans compter les nombreux thés bus devant son échoppe. Merci a lui, on mentionne ses coordonnées sous la rubrique «remerciements».

Balade à cheval autour des pyramides. Bon moyen pour éviter la horde de touristes!

LE » depart (clavier sans accent) »

On vient de passer la journee avant de partir en famille. Ca fait du bien. La famille, c’est tout ce qu’il reste lorsqu’il n’y a plus rien. On a tendance a negliger un peu ce point de nos jours. Bref, moment intense avant de partir, charge d’emotions.

Chacun vit son depart. Chacun contient ou maitrise ses emotions de maniere differente. Ce qui me plait dans un depart, c’est le cote special, hors du commun, non routinier, qui amenent les personnes qui y participent de part et d’autre (ceux qui partent et ceux qui restent)a s’exprimer de maniere differente, d’aborder des sujets particuliers. Quelle richesse!

Le depart c’est egalement voir de maniere differente. Le trajet en train de Montreux a Geneve n’est pas celui du quotidien. Il est excitant, palpitant, on decouvre des details qui etaient restes caches jusqu’ici.

Puis le depart de Geneve. C’est toujours un emerveillement de decouvrir le monde depuis les airs. Les elements nous ont offert un superbe lever de soleil orange. Le temps est splendide, le paysage superbe. On quitte la Suisse que l’on aime tant. Dessin de notre petit neveu Zacharie de 7 ans. Je lui ai demande de dessiner ce qu’il ressentait sur le moment, quelques minutes avant de partir. J’aime la fraicheur et la spontaneite des enfants. Pensees pour Marine que l’on aime fort.

Tout est prêt!

Voilà, enfin on touche à ce Nirvana qu’est la liberté. Liberté de n’avoir que son courage et sa détermination comme processus décisionnel. Ce sentiment qui nous conduit partout et nulle part parce qu’aucun plan n’est prévu et aucune planification temporelle n’existe. Liberté intérieure.

Ces derniers temps ont été particulièrement riches en expériences avec l’autre. Nous avons beaucoup échangé, que ce soit avec la famille, les amis, les connaissances et des inconnus. Pouvoir donner, échanger, écouter. Quelle richesse alors qu’aujourd’hui seul la maximisation du profit compte. Pourquoi passer du temps à donner alors que je pourrai gagner de l’argent ou faire quelque chose pour mon propre intérêt ?

Des milliers d’image remplissent déjà mon cœur. J’ai eu le privilège de faire le tour de Suisse comme parachutiste durant quatre jours début août et découvrir mon pays de part et d’autre en survolant des paysages à couper le souffle. Le bonheur m’empli, la vie me comble. Ces instants d’éternité procurent un bien-être intérieur profond.

La combinaison de tous les facteurs composant notre voyage est vraiment excitante. Je me réjouis de continuer à découvrir notre monde avec mes yeux d’enfant naïf, ceux de l’homme amoureux, ceux de l’économiste et ceux du sportif. Quel patchwork!

On vous souhaite à tous beaucoup de bonheur, n’hésitez pas à nous écrire, à nous raconter vos expériences de vie, et on vous souhaite bonne route…

Le meilleur que l’on puisse ramener du voyage c’est soi-même sain et sauf. » Proverbe persan cité par William

« Sage est l’homme qui sait présumer de ses forces Grand est l’homme qui sait accomplir ses rêves Heureux est l’homme libre » cité par Arnal

« Je préfère mourir debout que vivre à genoux » Che Guevara

Bon vent! » Au Jardin du Rivage à Vevey, gracieusement pris en photo par Jean-Paul le jour avant le départ.