Archives pour la catégorie Argentine

Passage à travers la vallée de Humahuaca avec ses particularités géologiques

Partis de San Antonio de los Cobres, nous avons passé par les Grandes Salines, désert de sel en exploitation. Là, nous avons halluciné sur cette gigantesque étendue de sable de sel. Des monticules juchent un peu partout le sol. Les tas de sel attendent d’être enlevés par les camions.

Puis nous avons passé le col qui nous séparait de la « Quebrada de Huamaca ». Paysages toujours aussi surprenants. La nature nous a régalé ses beautés sous toutes ses formes et couleurs. Après avoir perdu presque 2000 mètres d’altitude, nous sommes arrivés à Purmamarca où nous avons fait une pause pour admirer la particularité géologique que présente un rocher. En effet, on peut admirer les sept couleurs qui représentent les différentes époques de sédimentations de la roche. Il est peu commun de pouvoir observer en coupe un tel phénomène. Des milliers d’années de vie représentées par des couleurs évolutives.

Nous finirons ce tour en voiture à Tilcara où nous avons quitté Pierre-Alain. Prochaine étape, la Bolivie. Fameux rocher aux sept couleurs

San Antonio de los Cobres, petit village andin perché à 3700 mètres d’altitude

Depuis Cachi, nous avons repris la route pour Salta pour ensuite nous engouffrer dans la « Quebrada del Toro ». Là aussi, le paysage fut d’une beauté stupéfiante. Entre rochers et falaises multicolores où les cactus règnent en maître.

Nous avons durant presque tout le trajet suivi le trajet du train des nuages.

Arrivés à San Antonio, perché à 3700 mètres d’altitude, nous avons rencontré Carlos qui nous a accompagné comme guide pour le reste de la journée. Nous avons successivement visité le viaduc rendu célèbre par la publicité du café « Nescafé », une ancienne mine, des eaux thermales allant jusqu’à 80 degrés et des pseudos ruines Inca.

La nuit à cette altitude fut un peu difficile, l’air se faisant rare ! Franco, un jeune étudiant passionné des minéraux et guide de surcroît, nous décrit ici le rituel de la Pacha Mama. La pierre blanche au premier plan est le haut de l’autel servant au rituel

Fils des artisans vendant leurs produits au pied du viaduc. Ici, s’approchant de nous avec deux pierres à vendre.

Impressionnant viaduc haut de 65 mètres perché à 3786 mètres d’altitude. Aujourd’hui devenu une attraction touriste bien que les trains l’utilisent toujours

Découverte de l’autre Argentine, celle des hauts plateaux andins

A Tucuman, nous avons retrouvé Pierre-Alain pour passer la fin de son séjour en Argentine. Nous sommes allés ensemble jusqu’à Salta. Là-bas, nous avons découvert l’argentine andine. Fini l’accent policé et chantant et la viande de la Pampa. Les grandes plaines et les champs à perte de vue ont laissé la place aux montagnes aux minéraux aux mille couleurs.

Pierre-Alain a loué une voiture et nous a invité à nous joindre à son tour à travers les Andes argentines. Sur les pistes de pierres, nous avons roulé jusqu’à Cachi. La route sinueuse nous a emmené à travers les montagnes rocheuses aux couleurs rougeâtres, ocre, grises, vertes pétrole, vertes olive, noires, un florilège de couleurs qui a su séduire nos yeux nous arrêtant à de nombreuses reprises pour admirer ses magnifiques paysages.

Grimpant jusqu’à 4200 mètres et essuyant une pluie de grêle, nous avons passé de 28 degrés au départ de Salta à 8.5 degrés au moment de la pluie de grêle sur un haut plateau à 4000 mètres. Puis nous avons longé l’interminable ligne droite du chemin de l’Inca qui est bordé par un désert rempli de milliers de cactus. En fin d’après-midi, nous sommes arrivés à Cachi, petit village andin surplombé par un cimetière coloré (les cimetières dans les Andes sont toujours en hauteur, ainsi les âmes sont plus proches du ciel, croyance, croyance !) et d’une piste d’atterrissage sortant de nulle part !

Le lendemain, nous sommes partis pour San Antonio de los Cobres. En haut : Vue sur les sommets enneigés du « Nevado de Cachi »

Paysage aux mille contrastes et couleurs de la vallée de Humahuaca

En bas : Panneau avertissant le passage de lamas sur les hauts plateaux andins

Paysage hallucinant des « Grandes Salinas » (désert de sel)

Popularité de Bush en Amérique latine

Bush, démon ou démon ? A l’instar de Reagan, il finira certainement en enfer selon l’iconographie chrétienne !

Au delà de ces considérations hiératiques, le président des Etats-Unis est la risée des peuples de l’Amérique latine. Ceci avec raison. Si la politique intérieur de son cabinet est peut-être élogieuse pour son peuple, sa politique extérieure est égoïste et à caractère impérialiste. Il semblerait qu’il faille faire fonctionner la machine à consommer interne à tout prix et ceci même si cela porte préjudice au reste du monde.

Bien sûr, Bush est impopulaire et même si les gens protestent, il continue à faire ce qu’il veut quand il veut ! Il est donc venu à Mar del Plata au sommet des Amériques et en est reparti en toute impunité. Certaines fois, nous nous demandons quel est notre marge de manœuvre comme simple citoyen du monde face à une entité politique gouvernante ! Affiche placardée dans les rues de Córdoba, deuxième ville du pays en vue de la venue de Bush le 4 novembre

La ferveur maladive du football argentin

Définir quels sont les supporters les plus férus du Mexique au détroit de Magellan est ardu. Cependant, en Argentine, cette ferveur est bouillonnante. Lors de match, les agglomérations deviennent des villes fantômes. Et ceci presque sans exception. Le football est un culte sacré auxquels seulement peu échappent. Vous ne pouvez pas être en Argentine et ne pas le sentir ! Enseigne annonçant la diffusion du match du jour devant un restaurant

Rosario, berceau du drapeau de la patrie et de Che Guevara

Sur les traces du Che nous sommes partis à la découverte de l’endroit qui l’a vu naître, à savoir une belle maison du début du siècle. Nous avons également été nous imprégner des vibrations de la place qui lui a été dédiée.

Puis, nous nous sommes dirigés vers le monument au drapeau. C’est une grande tour culminant à 70 mètres d’où la vue sur la ville et le fleuve Parana, est stupéfiante. Les balcons du sommet de la tour sont entourés de barreaux métalliques. En effet, suite à la défaite dans la Guerre des Malouines entre le Royaume Unis et l’Argentine, plusieurs soldats désorientés se sont suicidés en se projetant dans le vide. Monument au drapeau

Place en l’honneur à Che Guevara, né à quelques rues de cette dernière

Rendez-vous à Rosario avec le meilleur de l’Argentine, ses gens!

Luciano, notre hôte à Rosario

Les membres de HC avec lesquels nous avons passé notre seconde soirée. A gauche de bas en haut: Kike, Lorena, Sylvain

A droite de bas en haut: Luciano, Luis et Monica A Rosario nous avons découvert l’hospitalité argentine. En effet, à Buenos Aires nous avions préféré l’option de l’hôtel afin de pouvoir profiter pleinement de la venue de Pierre-Alain.

Ici, nous avons rencontré, lors d’une soirée, successivement puis tous ensemble, Luis, ingénieur en génie civil, Luciano, ingénieur de l’environnement, Lorena, étudiante en marketing et Juan José, artiste. Luis est un véritable « moteur »: Dynamique, rassembleur, jovial. Ce citoyen du monde (comme il aime se décrire) aura permis cette rencontre enrichissante et salvatrice. Salvatrice, oui ! Bien que nous ayons passé des moments particulièrement chargés en émotions et extraordinaires à Buenos Aires, nous n’avions pas encore réellement pu réprouver la fameuse mauvaise réputation que les argentins ont à l’étranger, respectivement en Amérique latine.

Voilà que c’est fait !!! Les différentes expériences vécues en Argentine nous ont révélé des personnes ouvertes, éduquées et chaleureuses. Cependant, nous croyons avoir décelé la source de cette réputation. En effet, sur le bateau qui nous menait à Colonia (Uruguay) depuis Buenos Aires, nous avons constaté que certains touristes argentins d’un certain âge se comportaient de manière hautaine et abusive (même envers nous de manière indirecte). Il s’agirait du Porteño (habitant de Buenos Aires) qui, pour parler vulgaire, « pète plus haut que son cul ». Et c’est justement ce genre d’individus qui ruinent la réputation d’un peuple. Nous vous rassurons, ils ne sont pas représentatifs, alors au diable les préjugés et venez en masse visiter ce pays merveilleux !

Et de fameuse, les Argentins ne possèdent pas que leur réputation… leur accent également, nous l’adorons ! Des lieux que nous avons visité, nous pouvons sans l’ombre d’un doute dire que celui de Rosario est le plus beau. A la fois chantant, roulant et plein d’interjections (par exemple « che »), l’accent argentin de Rosario agrémente les vibrations sonores que perçoivent nos tympans.

Revenons à Rosario et à notre première rencontre avec nos hôtes. Autant vous dire qu’il faut vite oublier la fatigue successive du bateau puis du bus. Parce qu’ici en Argentine, que ce soit dimanche ou pas, tu sors manger vers 22h00, puis tu vas en boîte à 1h00 du mat’. Ce que nous avons fait. Et ceci même si tu travailles le lendemain à 9h00. Bref, ce sont des couche-tard et cela ne nous a pas déplu. Ca faisait longtemps que nous n’allions pas danser !

Suite à la chute du peso, les prix ici sont dérisoires. Imaginez un peu … un rhum coke dans une boîte de nuit … 1,70 CHF. De plus, ici on ne sent pas cette agressivité régnante qu’il y a aujourd’hui en Europe dans les lieux de nuit. Une sécurité légère, des gens qui sont là pour se divertir et une ambiance comme on l’avait en Suisse à la fin des année huitante, début nonante.

Le jour suivant, Luciano, qui nous logeait aimablement, nous a fait visiter les points d’intérêts de Rosario. La place « Che Guevara » (Guevara est né a Rosario), le monument à la bandera et les bords du fleuve Paraná. Nous avons passablement échangé nos avis sur autant de sujets comme l’économie, la politique, la culture, les gens ou encore la musique. Ce jeune Rosarino de 23 ans est plein d’entrain et de projets futurs. En effet, alors qu’il termine ses études en ingénierie ambiante, il est déjà entrepreneur. Il fait partie de ces gens qui, suite à la chute du peso, tente de recréer une économie industrielle argentine en se basant sur les coûts bas de production.

Le soir, nous avons remis cela avec tout le groupe. Kike s’est également joint à nous alors que Juan Jose n’a pu se libérer.

La viande argentine, plus qu’une légende, une réalité bien goûteuse

Chaque soir, Pierre-Alain nous a invité (encore merci !) à déguster l’exquise viande argentine et nous nous en sommes donnés à cœur joie.

Filets sur filets, nous avons délecté et régalé notre palais de cette substance qui fondait quasiment sur notre langue. Tendre et saignante, sans aucun nerf, le filet argentin se coupe avec une pression légère du couteau. Même pas besoin qu’il soit aiguisé. Nous arrêtons là, c’est presque du supplice ! Vins argentins

Le serveur du restaurant « La Estancia » nous présentant les différents morceaux de bœuf. Celui à l’extrême droite est un T-bone d’un kilo! Nous avons préféré la tendresse des 300 grammes de filet. Un pure délice, succulent!!!

Carlos Gardel, icône vivante du tango à Buenos Aires

Que se soit à San Telmo lors du marché du dimanche ou dans le quartier de La Boca, les danseurs de tango nous ont séduit à leur simple vue. Charnel, langoureux, la mesure 2/4 ne laisse personne insensible. Représenté en tout lieux par l’illustre Carlos Gardel, le tango est Buenos Aires ou Buenos Aires est le Tango ! Une véritable adoration à Carlos Gardel est faite à Buenos Aires. Mimes, statues vivantes, imitateurs, tous se retrouvent à Buenos Aires. Ici un imitateur.

Une des nombreuses reliques se trouvant sur sa tombe

Buenos Aires la charnelle, entre tango et culture européenne

A Buenos Aires, nous avons passé quatre jours de folie en compagnie de Pierre-Alain, un ancien collègue de travail de Sylvain. Lui, redécouvrant Buenos Aires après 32 ans, et nous, nous croyant l’espace d’un instant de retour en Europe.

Oui, les « on dit » ne sont pas que des bêtises. L’argentin est vraiment très Européen à tendance transalpine.

Buenos Aires est stupéfiante, enchanteresse avec son tango et sa culture aux milles visages, tout cela sans parler de la fameuse viande argentine. Après avoir ingurgité plus d’un kilo de filet de beauf en quatre jours, nous pouvons vous garantir que ce n’est pas une légende, leur viande est juste délicieuse et succulente.

L’espace d’un dimanche, nous nous sommes promenés dans le quartier de San Telmo où les antiquaires font le marché avec les artistes de rue, les photographes et autres artisans. Ce jour-la, se déroulait un concours de déguisements à thème parmi les exposants. Cela donnait un ton encore plus délirant et chaleureux à ces moments d’euphorie des sens. Nous avons également été voir des danseurs de tango langoureux dans le quartier de « La Boca ».

Le jour précédent, nous avions visité les cimetières, à la recherche de quelques tombes célèbres (Gardel, Evita). Petites villes, les caveaux, sépulcres et autres tombes s’organisent en rues et quartiers. Certains contiennent plus de 30 corps d’une même famille, le sépulcre faisant plusieurs mètres de hauteur et profondeur. Au cimetière, nous avons demandé où se trouvait la tombe d’Evita à un employé qui arrosait le gazon. Il a alors laissé son tuyau sur le gazon, l’eau toujours ouverte et nous a guidé de manière alanguie à travers le cimetière nous faisant l’histoire de chacune des familles résidentes. Son sens de l’humour était à la hauteur de sa sympathie. Il nous a enseigné que nous pouvons rire de tout, même des morts « fresco » ou « seco » ! (Frais ou sec). A la fin, nous terminerons tous de la même manière !

Nous nous souviendrons également des taxis jaune et noir avec ses chauffeurs à l’esprit critique, toujours la langue bien pendue pour commenter les sujets d’actualité les plus sensibles. Les même taxis qui slalom à travers la pollution étouffante de la ville. Danseurs de tango dans le quartier de la Boca, photo prise par Pierre-Alain

Danseurs de tango à San Telmo, photo prise par Pierre-Alain

Danseurs de tango à San Telmo

Bar à tango dans le quartier de « La Boca »