Archives pour la catégorie Thaïlande du nord

A la découverte du Triangle d’Or

Avant de passer la frontière avec le Laos, nous avons fait une boucle par le fameux Triangle d’Or. Là où le fleuve Mékong se rejoint avec le fleuve Ruak formant un triangle. A cet endroit se trouvent aussi trois frontières : celles de la Thaïlande, du Myanmar et du Laos. L’or est simplement l’opium cultivé par les tribus locales, vendu à une certaine époque à prix … d’or ! La Thaïlande a tant bien que mal remplacé les cultures d’opium par des cultures plus saines alors que le Myanmar et le Laos font toujours parties des trois plus gros producteurs au monde. Il faut bien financer la junte pour le premier nommé et un communisme à l’agonie pour l’autre. Photo prise sur sol thaïlandais. A travers la porte on voit à gauche les paysages du Myanmar (avec des toits) et à droite ceux du Laos avec le fleuve Mékong au milieu

Les tribus du nord, à la rencontre des femmes aux longues oreilles

Dans le même village se trouve la tribu des femmes aux longues oreilles. Curieusement, beaucoup de tribus sont chrétiennes. Ca fait toujours drôle de voir des personnes de tribus retirées au milieu de la jungle avec une croix autour du cou. Nous étions là à 1 kilomètre de la frontière birmane et nous avons pu entendre à trois reprises des détonations, affrontements entre l’armée thaïe et l’armée birmane. Savoir exactement ce qui se passe et les raisons des altercations à la frontière tient du mythe de sisyphe.

Les tribus du nord, à la rencontre des femmes girafes

Dans les environs de Mae Hong Son, nous sommes partis à la rencontre des différentes tribus habitant la dense forêt tropicale, faisant frontière avec la Birmanie. Nous avons d’abord visité le village des femmes girafes. Nous nous sommes à nouveau demandé longuement si cela était éthiquement faisable. Toujours le même dilemme ! Va-t-on au zoo, entretenons-nous un rituel désuet, inhumain, gardé pour de viles raisons financières ? La réponse est aussi complexe que savoir qui dit la vérité, entre intérêts et terreur.

En y passant la matinée, nous avons vu des femmes girafes très accueillantes, qui sont certes là pour vendre leur artisanat et se faire prendre en photo mais qui, de prime abord, n’ont pas l’air oppressées, ni tristes. D’origine birmane, cette tribu (faisant partie du groupe des Karen) a fui le Myanmar et s’est réfugiée du côté thaïlandais. Ce statut les empêche de sortir à plus de 30 kilomètres de leur camp, ce qui les confine à rester dans une zone bien définie. En outre, il semblerait que le gouvernement thaï les rémunère pour jouer le jeu de la carte touristique. Alors bon discutable, mais nous avons pu nous rendre compte par nous-mêmes, en passant par l’école du village, que les Karen reçoivent une éducation. Leur accueil chaleureux ne nous a pas fait ressentir quelconque tristesse. La plupart de ces femmes sont polyglottes et pas seulement pour dire « bonjour » et « merci » mais parlent carrément en utilisant les temps du passé. Chapeau !

La légende raconte que les femmes girafes portent ces colliers pour les protéger des attaques de tigres (car ils traînent leur proie par le cou) et aussi pour que les hommes des autres tribus ne soient pas attirés par elles. Famille de femmes girafes. La maman en arrière plan a le plus long cou de la tribu et ses anneaux pèsent plus de 8 kilos

Les tribus du nord, autant éclectiques que stupéfiantes

Nous avons visité plusieurs villages où des Karens, des Hmongs, des Shans et des Lahus vivent. Nous avons dégusté du thé chinois chez les Rak Thaï (des réfugiés chinois) et bu du café local chez les Roam Thaï. Il faut toutefois remarquer que la communication est difficile. Même en restant quelques heures en compagnie de gens de tribus, cela ne suffit pas pour pouvoir appréhender leurs sentiments.

Nous ne pouvons malheureusement pas connaître toutes les langues et dialectes du monde. Dans cette région de la Thaïlande, les gens ne parlent pas le thaï mais leur propre dialecte. Le cœur souvent remplace les paroles. Nous nous réjouissons d’arriver en Amérique latine où nous pourrons mieux communiquer avec les populations locales. Fillettes Shan émerveillées de pouvoir se voir sur le petit écran LCD de notre appareil numérique

Le temple Doi Suthep, tout en hauteur

Les temples sont souvent situés en hauteur. A l’image de tous les sites religieux, les meilleurs emplacements leur sont réservés et traversent ainsi les siècles. Ce lieu est particulièrement attractif puisque perché à quelque 1685 m. d’altitude, surplombant magnifiquement Chiang Mai. Comme tous les temples importants, l’histoire raconte que des restes du Bouddha s’y trouvent. Ce qui en fait un des endroits les plus sacrés du nord de la Thaïlande.

Au delà de la visite culturelle (en terme de temple bouddhiste, nous commençons à nous y connaître), nous avons laissé notre curiosité nous faire assister à une introduction à la méditation bouddhique Vipassana au monastère adjacent le temple. Nous sommes toujours émerveillés par le côté philosophique du bouddhisme à travers notamment la méditation. A chaque fois, nous rencontrons des personnages remplis d’amour dont la seule perspective, en nous accueillant, est de continuer à être heureux.

Retour en Thaïlande par voie terrestre

A la surprise générale nous sommes revenus en Thaïlande par voie terrestre en passant la frontière Myanmar – Thaïlande à Tachilek (voir news du 16.01.2005). A Chiang Mai, nous avons profité d’une semaine paisible dans la troisième ville de Thaïlande. Elle n’a cependant rien à voir avec Bangkok. On dira qu’elle est plus tranquille ! A Chiang Mai, les guest house proposent tout et rien à leurs hôtes, du trek dans les tribus du nord au saut à l’élastique en passant par des cours de cuisine Thaï. Voilà un pays qui a le sens du … tourisme. A l’excès peut-être, mais les Thaï, par leur sourire et leur gentillesse, le rendent moins insupportable qu’ailleurs. Nous avons finalement opté pour la solution habituelle, nous irons visiter les tribus par nos propres moyens, le saut a l’élastique … nous l’avons déjà fait et nous n’aurons guère l’occasion de mettre en pratique nos talents culinaires avant un moment, donc nous avons laissé de côté la cuisine, au demeurant délicieuse.

Nous avons tout de même assisté à un spectacle de danse traditionnelle et tribale Thaï. Tout en douceur, comme à leur habitude, alliant grâce et rites ancestraux. Marcher autour de ce qui reste des remparts de la ville et le marché de nuit a également occupé notre magnifique présent.