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Suchitoto: le Graal du voyageur indépendant

Rubi, la propriétaire de l’auberge où nous avons logé en tenue traditionnelle.

Joueurs de marimba à Suchitoto

Retraité sur la place centrale de Suchitoto Revenons au bonheur qu’a été notre séjour à Suchitoto, petite ville coloniale du nord, encore authentique et préservée du tourisme de masse. Mais avant d’arriver ici nous avons visité Sonsonate, la Libertad (un surfeur ne peut pas venir au Salvador et ignorer ce « spot ») et la capitale San Salvador. Nous avons vraiment expérimenté ici ce que les guides de voyage appellent les « Chicken bus », bus locaux pour nous. A savoir un bus bondé avec légumes, fruits et animaux. Heureusement nous avions un grand récipient de plastique rempli de melons à coté de nous, posé dans le couloir entre les sièges. Il diffusait sa senteur tellement agréable. Ce qui fut moins agréable sont certainement les 3h15 qu’a mis le bus pour parcourir les 68 km qui le distançaient de Sonsonate à la Libertad. Imaginez un bus qui s’arrête à la demande tous les 15 mètres sur certaines parties du tronçon. Un peu fatiguant à la longue.

Nous sommes arrivées à Suchitoto le jour de la célébration du 147ème anniversaire de la ville. Nous avons trouvé une chambre coloniale dans une famille extraordinaire avec vue sur le lac du Suchitlán. Une merveille ! La Villa Balanza se trouve en bordure du parc San Martin où nous avons pu écouter depuis notre chambre la « Banda Sinfonica Metropolitana ». Puis, nous nous sommes rendus sur la place centrale où se déroulaient d’autres festivités. Parmi celles-ci, un spectacle de breakdance par les jeunes du coin puis un concert de musique andine. De quoi donner le blues à Monica, surtout lors de l’interprétation de « El Condor Pasa ». Nous pouvions compter sur les doigts de nos mains le nombre de touristes présents. Un véritable cadeau. Le tout s’est ponctué d’un feu d’artifice, que demander de plus ? Le lendemain nous avons déambulé dans les rues pavées de pierre rondes polies de manière inégale et avons pu admirer les rues composées de maisons coloniales. Ici, pas de café-restaurant-internet toutes les trois maisons à l’instar d’Antigua au Guatemala ou San Cristobal de la Casas au Mexique. Juste des habitants qui ont leur porte ouverte et qui se font un plaisir de t’accueillir pour peu que tu le veuilles bien.Ainsi, nous nous sommes retrouvés à écouter un concert de marimba avec maracas et « palio » (petits bâtons harmoniques). Quatre enfants et un grand-père étaient tout excités de jouer à la seule présence de deux étrangers. Sympathique ! Ainsi, nous avons passé le reste de la journée, de maison en maison et de banc public en banc public. Les gens nous ont livré leurs états esprit, leurs craintes et leur appauvrissement depuis la dollarisation du pays. Nous avons successivement conversé avec deux avocats, un commerçant, deux retraités et une exilée qui vit à Los Angeles. Plus tous les autres que nous ne pouvons pas citer ici. Imaginez-vous que tous les gens vous saluent dans la rue !

Le soir, nous avons partagé quelques bons cigares cubains avec Antoine, Baptiste, Solène et Philippe, quatre jeunes étudiants français qui logeaient dans la même auberge que nous. C’est avec la vue sur le lac et la tranquillité des lieux que nous avons échangé des propos sur tout et rien jusque tard dans la nuit.

Suchitoto est véritablement le Graal du voyageur indépendant. Il y a juste ce qu’il faut pour le voyageur sans perturber la vie paisible de la bourgade. Un must !

Le dimanche, Suchitoto s’est rempli de touristes Salvadoriens venus en partie de la capitale. Ca fait bizarre de regarder tout autour de soi et de ne voir aucun étranger, que des locaux !

Enfin une chose est sûre, vous viendrez au Salvador pour son peuple même si le pays est sans attraction touristique majeure. Merci à eux. Leur lutte continue et nous sommes de tout cœur à leurs cotés.

Demain nous partons pour le Honduras.

Le Salvador, exemple poignant de gentillesse volontaire

Notre passage au Salvador aura été court mais tellement bon. Ici pas grand-chose à visiter, donc pas beaucoup de touristes. Mais son peuple, au contraire de ce que prétendent beaucoup d’agents de voyage est des plus charmants et pacifiques. Bien sûr on nous a fait le discours sur l’insécurité au point de flipper grave à la capitale San Salvador. Il n’en fut rien. Partout au Salvador, nous sommes sortis après 19h00, avons mangé dans la rue et sommes rentrés … à pied. Il faut faire attention bien sûr et ne pas provoquer le destin, mais nous dirons que c’est partout pareil.

Les gens sont tout simplement merveilleux, chaleureux, accueillants, désintéressés, jovials. Nous croyons qu’ici le sport national est de parler avec l’autre, ça tombe bien, nous aussi et quel plaisir ! Cependant, nous devons toujours constater les mêmes horreurs venues d’Europe et des Etats-Unis. Ici, quelques grandes familles aux origines européennes détenaient toutes les richesses jusqu’à la guerre civile en 1979. De plus, les Américains (sous l’ère Reagan, les E.U. ont financé l’effort de guerre à hauteur de 6 milliards) essaient sans fin de pomper la richesse des pays pour leur propre profit. Si l’enfer existe, vous y trouverez Reagan, C’est sûr ! Bref, les américains sont responsables ici de 77’000 assassinats. Nous éprouvons de plus en plus de dégoût vis-à-vis de la politique extérieure américaine. L’église du Clavaire et les rues animées et chaotiques du centre de San Salvador